Si vous habitez en région parisienne, vous savez que le temps nécessaire pour rejoindre le centre-ville depuis la banlieue est soumis à un certain nombre de facteurs, dont le trafic, la météo, les travaux, l’heure de la journée et les autres conducteurs. Si le trajet ne dépasse pas les 15 km, vous pouvez tout aussi bien prendre 20 minutes que 4 heures pour arriver à destination.
Les éléments de votre backlog produit Scrum sont soumis à tout autant de variables, y compris la complexité et le risque. Cette complication rend souvent la planification agile aussi exaspérante que les embouteillages de Paris.
Une planification inexacte peut devenir un problème majeur à long terme. Si vous n’estimez pas avec précision et de manière cohérente le temps nécessaire pour accomplir les tâches, vous risquez des retards, des goulots d’étranglement, des blocages et une dérive des objectifs.
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe un moyen précis pour que votre équipe estime le temps et les efforts nécessaires pour accomplir les tâches de votre backlog : l’estimation en story points.
En quoi consistent les story points ?
Un story point est une unité d’estimation qui aide les équipes à déterminer les efforts nécessaires pour accomplir une tâche du backlog et à évaluer sa complexité. Les story points offrent une approche bien plus complète que la prise en compte d’un seul facteur (comme le temps, par exemple) lors du sprint planning, ce qui permet aux équipes de calculer avec plus de précision le temps nécessaire à la réalisation des user stories.
L’estimation en story points agiles tient compte de quatre grands éléments :
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Risque : le risque d’un projet ou d’un élément particulier inclut les dépendances inter-équipes, les orientations floues ou les changements potentiels en cours de tâche.
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Complexité : cette composante dépend de la difficulté à mener à terme la tâche.
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Familiarité : cette composante dépend de la familiarité d’un collaborateur avec la tâche et de la monotonie de certaines tâches en cours de développement.
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Effort relatif : cette composante est déterminée par la quantité d’effort requise pour la tâche par rapport à l’effort requis pour les autres éléments.
De nombreuses équipes se demandent comment estimer l’effort requis dans une approche agile. En tenant compte des quatre éléments ci-dessus, votre équipe peut calculer plus précisément la vélocité de sprint, prévoir une marge de manœuvre pour faire face aux imprévus et éviter de se fier excessivement aux délais fixés. Les story points garantissent une cohérence non seulement au sein des équipes, mais aussi entre les différents services.
3 étapes pour l’estimation en story points agiles
L’estimation en story points doit être effectuée lors du sprint planning, au moment où votre équipe définit l’objectif du sprint et élabore un plan pour les tâches à accomplir. Suivez ce processus pour planifier vos sprints avec précision, harmoniser les attentes et mener à bien vos projets dans les délais impartis.
1. Définir une base de référence
Avant d’attribuer des story points aux éléments de travail, il est essentiel de définir une base de référence expliquant précisément la signification de ces valeurs. Cette base, souvent de 1 ou 0,5 pour les équipes agiles, définit le niveau de risque, de complexité et de répétitivité minimal pour un élément de travail donné. Plus le nombre de points est élevé, plus le niveau de risque, de complexité et de répétitivité supposé est important.
Vous pouvez choisir d’attribuer un seul story point à une tâche qu’un collaborateur connaît très bien et qu’il peut prendre en charge sans dépendre d’autres équipes. Par exemple :
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1 story point = ajout d’un nouveau produit à un menu déroulant sur le site Web
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3 story points = ajout d’un système de notation au site Web
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8 story points = ajout de la conformité au RGPD et à la CPA pour l’ensemble du site Web
N’oubliez pas que votre estimation de base des tâches ne repose pas uniquement sur la durée, mais prend également en compte d’autres facteurs, tels que la complexité et l’effort.
2. Utiliser la suite de Fibonacci
Il est tentant d’attribuer à chaque élément des scores selon une échelle linéaire, mais ces nombres ne sont pas assez différenciés pour définir clairement une estimation. Par exemple, si vous attribuez quatre story points à une tâche, en quoi quatre story points diffèrent-ils de cinq en termes de complexité, de risque et de répétition ?
L’utilisation de nombres exponentiels de la suite de Fibonacci aide les collaborateurs à mieux définir les différences entre les tâches. La suite de Fibonacci est une série de nombres où chacun est la somme des deux précédents : 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, etc. Pour les équipes agiles, cette suite est généralement adaptée à 0,5, 1, 2, 3, 5, 8, etc. Avec ces chiffres, il est plus facile de déterminer si une tâche vaut deux story points ou cinq story points.
Pour suivre le nombre de story points assignés aux éléments de travail, vous pouvez utiliser un modèle de suite de Fibonacci. Estimez le travail à effectuer en attribuant un nombre aux éléments de la suite, et faites une copie de votre modèle pour chaque sprint afin de pouvoir créer un historique et améliorer votre estimation au fil du temps.